Comment les autres IST influent sur le risque de VIH
D’après l’analyse des études menée par les CDC (l’agence de santé publique des États-Unis), les IST augmentent le risque de VIH dans les deux sens. Une IST chez la personne qui n’a pas le VIH rend le VIH plus facile à contracter, et une IST chez la personne qui a le VIH le rend plus facile à transmettre. Pour les IST qui provoquent des plaies ou des ulcérations, comme la syphilis et l’herpès, les CDC estiment que chacun de ces effets fait plus que doubler le risque. Ils précisent aussi que l’ampleur exacte de l’effet pour chaque IST et chaque groupe reste incertaine, car les études sont observationnelles.
Le calculateur suit cette estimation : lorsque l’un ou l’autre partenaire a une autre IST, il multiplie le risque par acte par 2.
Voici ce que cela donne pour un rapport vaginal sans préservatif, pour une femme avec un homme qui a le VIH et ne suit pas de traitement :
- Sans IST : 0,08 % (environ 1 sur 1 200)
- Avec une IST : 0,16 % (environ 1 sur 620)
Et pour un rapport anal réceptif avec un homme qui a le VIH et ne suit pas de traitement :
- Sans IST : 1,4 % (environ 1 sur 72)
- Avec une IST : 2,8 % (environ 1 sur 36)
Une IST est aussi un signal d’alerte en soi. Les recommandations de traitement des CDC considèrent un diagnostic d’IST comme un marqueur du risque de VIH, en particulier une syphilis primaire ou secondaire.
Vous pouvez en avoir une sans le savoir
Beaucoup d’IST ne provoquent aucun symptôme, ou seulement des symptômes légers : on peut donc avoir une infection sans le savoir. C’est pour cela que le calculateur pose la question des IST, et que « je me sens bien » n’est pas une raison de renoncer au dépistage. Si vous ne savez pas si vous ou un partenaire avez une IST, le plus prudent est de considérer que le risque pourrait être plus élevé et de vous faire dépister.
Se faire dépister pour les deux, en même temps
Les CDC recommandent un test VIH à toute personne qui fait un dépistage des IST et dont on ne sait pas déjà qu’elle a le VIH. En pratique, demandez les deux chaque fois que vous vous faites dépister.
Quelques points à garder en tête :
- Les délais diffèrent. Chaque IST a son propre délai de dépistage. Un centre de santé peut vous dire quand faire chaque test. Voir la fenêtre sérologique du VIH.
- Un test VIH seul ne détecte pas le reste. Un test VIH négatif ne vous dit rien sur la syphilis, la gonorrhée ou la chlamydia, et l’inverse est vrai aussi.
- Les IST se soignent. Les CDC rappellent que toutes les IST peuvent être traitées par des médicaments, et que certaines peuvent être complètement guéries.
- Les partenaires comptent. Si on vous diagnostique une IST, prévenez vos partenaires pour leur permettre de se faire dépister aussi.
Aux États-Unis, gettested.cdc.gov recense des lieux de dépistage gratuits ou peu coûteux pour le VIH et les autres IST.
PrEP, préservatifs et doxy-PEP : chacun son rôle
La prophylaxie pré-exposition (PrEP) protège contre le VIH. Prise comme prescrit, elle réduit le risque lors des rapports sexuels d’environ 99 % pour les rapports anaux et d’environ 90 % pour les rapports vaginaux. Mais, comme le soulignent les CDC, elle ne protège pas des autres IST.
Les préservatifs réduisent le risque de VIH d’environ 80 % en conditions réelles, et peuvent aussi aider à prévenir certaines autres IST.
La doxy-PEP est une option plus récente contre les IST bactériennes. Elle consiste à prendre une dose d’un antibiotique, la doxycycline, dans les 72 heures qui suivent un rapport sexuel. Selon les CDC, elle réduit le risque de syphilis et de chlamydia, ainsi que de gonorrhée dans certaines études. Les CDC recommandent aux professionnels de santé d’en parler avec les hommes gays, bisexuels et autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, ainsi qu’avec les femmes trans, qui ont eu au moins une IST bactérienne au cours des 12 derniers mois. Les CDC ne formulent pas encore de recommandation pour les femmes cisgenres.
La doxy-PEP ne protège pas du VIH. En parallèle, les CDC recommandent un dépistage du VIH et de parler de la PrEP contre le VIH avec les personnes à qui elle pourrait être utile. Si vous utilisez la doxy-PEP, il vous faut quand même une stratégie distincte contre le VIH. Plus d’informations dans PrEP et TPE.
Une exposition récente au VIH ? La doxy-PEP et le traitement post-exposition contre le VIH (TPE, ou PEP) sont des médicaments différents. En cas d’exposition possible au VIH au cours des 72 dernières heures, demandez un TPE dès aujourd’hui. Comment obtenir un TPE
Que faire maintenant
- Si l’exposition date de moins de 72 heures, demandez un TPE.
- Faites-vous dépister pour le VIH et les autres IST en même temps, même si vous vous sentez bien.
- Si vous avez une IST, faites-la soigner et prévenez vos partenaires.
- Indiquez l’IST quand vous utilisez le calculateur, pour une estimation plus précise.
- Pensez à une protection dans la durée : la PrEP contre le VIH, les préservatifs contre le VIH et les autres IST, et la doxy-PEP si un professionnel de santé estime qu’elle vous convient.