N’attendez pas de vous sentir malade, et n’attendez pas un rendez-vous au centre de santé la semaine prochaine. Le TPE doit commencer dans les 72 heures qui suivent l’exposition, idéalement dans les 24 heures. Si votre centre de santé habituel ne peut pas vous recevoir aujourd’hui, allez aux urgences.

Le TPE (traitement post-exposition) est un traitement court par médicaments contre le VIH, pris après une exposition possible pour empêcher le virus de s’installer. Il se prend chaque jour pendant 28 jours.

Où aller

Les CDC, l’agence de santé publique des États-Unis, conseillent d’en parler immédiatement à un professionnel de santé, à un médecin des urgences ou à un centre de soins sans rendez-vous. En pratique, vous avez plusieurs options :

  • Un service d’urgences. C’est généralement l’option la plus rapide la nuit, le week-end et les jours fériés.
  • Un centre de santé sexuelle. Appelez d’abord et demandez s’il peut vous recevoir aujourd’hui pour un TPE.
  • Un centre de soins sans rendez-vous ou votre médecin, s’ils peuvent vous recevoir aujourd’hui. Appelez avant et demandez s’ils peuvent prescrire un TPE.

Si l’exposition a eu lieu lors d’une agression sexuelle, vous pouvez recevoir des soins supplémentaires au cours de la même consultation. Voir après une agression sexuelle.

Que dire

Vous n’avez pas besoin de tout expliquer à l’accueil. Une phrase comme celle-ci suffit : « J’ai eu une exposition possible au VIH il y a environ 20 heures et j’ai besoin d’un TPE. »

Le professionnel de santé vous posera ensuite quelques questions personnelles. Répondre franchement l’aide à décider rapidement :

  • Quand cela s’est produit, à l’heure près si possible.
  • Le type de contact, par exemple un rapport anal ou vaginal sans préservatif, une rupture du préservatif ou une seringue partagée.
  • Ce que vous savez de l’autre personne : si elle a le VIH et, si oui, si elle suit un traitement.
  • Si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, ou si vous prenez d’autres médicaments.

En général, on vous fera un test VIH initial, qui servira de point de comparaison. On pourra aussi vous proposer un dépistage d’autres infections sexuellement transmissibles (IST).

Vous repartirez peut-être avec le traitement complet de 28 jours, ou avec un kit de démarrage de quelques jours et une ordonnance pour le reste. Si vous recevez un kit de démarrage, faites délivrer l’ordonnance en pharmacie sans attendre pour ne pas vous retrouver à court.

Payer le TPE

Le coût dépend de l’endroit où vous vivez et de votre assurance : posez la question lors de la consultation. Selon les CDC :

  • Vous pouvez avoir droit à des médicaments de TPE gratuits ou à faible coût.
  • Après une agression sexuelle, vous pouvez obtenir le remboursement d’une partie ou de la totalité du coût des médicaments et des soins.
  • Après une exposition au travail, c’est généralement l’assurance de l’employeur ou l’assurance accidents du travail qui paie.
  • Si vous ne pouvez pas obtenir de prise en charge par une assurance, votre professionnel de santé peut demander un TPE gratuit auprès des programmes d’aide des fabricants de médicaments.

Ne laissez pas le coût vous empêcher d’y aller. Une fois sur place, renseignez-vous sur les aides au paiement.

Prendre le TPE et effets indésirables

Prenez le TPE exactement comme prescrit, chaque jour pendant les 28 jours, à peu près à la même heure. Selon les CDC, le TPE est sûr mais peut provoquer des effets indésirables, comme des nausées, chez certaines personnes, et dans presque tous les cas ces effets peuvent être traités et ne mettent pas la vie en danger. Si les effets indésirables vous gênent, appelez le centre de santé plutôt que d’arrêter.

L’efficacité du TPE dépend du moment où il commence. Le calculateur considère qu’un TPE commencé dans les 24 heures réduit le risque d’environ 90 %, dans les 48 heures d’environ 80 %, et dans les 72 heures d’environ 70 %, à condition de prendre toutes les doses.

Tests de suivi

Vous aurez besoin de tests VIH après le traitement, même si vous vous sentez bien. Les CDC recommandent un dépistage 4 à 6 semaines et 12 semaines après l’exposition. À chaque fois, ils conseillent à la fois un test antigène/anticorps en laboratoire (prise de sang) et un test NAT (recherche de l’ARN du virus), qui détecte le virus lui-même. Des résultats négatifs à 12 semaines excluent une infection liée à cette exposition. Pour en savoir plus sur le calendrier, voir la fiabilité des tests VIH semaine par semaine.

Si vous avez de la fièvre, une éruption cutanée, un mal de gorge ou des ganglions gonflés dans les semaines qui suivent l’exposition, contactez votre centre de santé et demandez un test VIH.

Passer à la PrEP

Le TPE est un traitement d’urgence. Selon les CDC, ce n’est pas la bonne solution pour les personnes qui risquent d’être souvent exposées au VIH. Si vous pensez avoir d’autres expositions, renseignez-vous sur la prophylaxie pré-exposition (PrEP), qui se prend avant l’exposition. Les recommandations des CDC permettent de passer directement du TPE à la PrEP, sans interruption, avec un test VIH à la fin du TPE. Pour en savoir plus, lisez le risque de VIH sous PrEP.

Que faire maintenant

  1. Moins de 72 heures ? Allez-y maintenant. Aux urgences si aucun autre lieu ne peut vous recevoir aujourd’hui.
  2. Dites que vous avez besoin d’un TPE et quand l’exposition a eu lieu.
  3. Prenez la première dose dès qu’on vous la propose, puis chaque dose pendant 28 jours.
  4. Prenez rendez-vous pour vos tests de suivi 4 à 6 semaines et 12 semaines après l’exposition.
  5. Plus de 72 heures ? Le TPE n’est plus recommandé. Lisez que faire plus de 72 heures après l’exposition.