C’est arrivé au cours des 72 dernières heures ? Lavez la plaie maintenant, puis demandez un avis médical aujourd’hui. Au travail, signalez-le immédiatement à votre responsable. Ailleurs, allez aux urgences ou dans un centre de soins sans rendez-vous. Le traitement post-exposition (TPE, ou PEP) est plus efficace s’il commence dans les 24 heures. Comment obtenir un TPE
Premiers secours, tout de suite
Voici les recommandations des CDC, l’agence de santé publique des États-Unis, pour les personnes qui, au travail, se piquent avec une aiguille ou reçoivent une projection de sang (accident d’exposition au sang, ou AES) :
- Lavez les plaies dues à une piqûre et les coupures à l’eau et au savon.
- Rincez abondamment à l’eau les projections sur le nez, la bouche ou la peau.
- Rincez les yeux à l’eau propre, avec du sérum physiologique ou avec une solution stérile pour lavage oculaire.
- Signalez l’incident à votre responsable.
- Consultez immédiatement pour qu’un professionnel de santé évalue le risque.
Quel est le niveau de risque ?
Si l’aiguille venait d’être utilisée sur une personne qui a le VIH et ne suivait pas de traitement efficace, les CDC estiment le risque d’une piqûre à 0,23 % (environ 1 sur 430). Ce chiffre provient d’études menées auprès de professionnels de santé.
Certaines caractéristiques de la blessure rendent la transmission plus probable. Une vaste étude menée auprès de professionnels de santé (Cardo 1997) a montré que chacune d’elles multipliait plusieurs fois la cote (odds) :
- Une blessure profonde. Le calculateur multiplie la cote par 15. Pour une blessure profonde avec une aiguille utilisée sur une personne qui a le VIH, cela donne 3,3 % (environ 1 sur 30).
- Du sang visible sur l’aiguille ou sur l’objet, cote multipliée par 6,2.
- Une aiguille qui avait été dans une veine ou une artère, cote multipliée par 4,3.
Lorsque plusieurs facteurs s’appliquent, le calculateur retient le plus élevé au lieu de les multiplier entre eux.
Quand vous ne savez pas à qui appartenait l’aiguille
La plupart des piqûres accidentelles concernent une personne qui n’a pas le VIH. Si le statut de la personne source est inconnu, la probabilité qu’elle ait le VIH compte autant que la blessure elle-même. Pour une piqûre avec l’aiguille d’une personne de statut inconnu aux États-Unis, l’estimation est de 0,00092 % (environ 1 sur 110 000). Au travail, il est parfois possible de faire un test à la personne source, avec son accord, ce qui peut régler rapidement la question.
Aiguilles trouvées dans un lieu public
Une aiguille trouvée dans un parc, sur une plage ou dans une poubelle est une inquiétude fréquente, surtout chez les parents. Le risque est généralement très faible : il faudrait que la personne qui l’a utilisée ait le VIH, et que l’aiguille contienne son sang. Mais il n’est pas nul. Lors de tests en laboratoire, du VIH vivant a été retrouvé dans du sang laissé à l’intérieur de seringues conservées à température ambiante pendant plus de quatre semaines (Abdala 1999) : une vieille aiguille n’est donc pas forcément sans danger.
Traitez-la comme n’importe quelle autre piqûre accidentelle. Lavez la plaie, puis demandez un avis médical le jour même. Les CDC déconseillent de faire analyser l’aiguille elle-même : les résultats ne sont pas fiables, et la manipuler expose à une nouvelle blessure. Si elle est toujours sur place, prévenez votre commune ou le service de santé local pour qu’elle soit retirée en toute sécurité.
Ce qui se passe au centre de santé
Un professionnel de santé vous demandera comment la blessure s’est produite, quelle était sa profondeur et ce que l’on sait de l’aiguille et de sa source. En général, il fera une prise de sang dès le départ, et pourra aussi rechercher l’hépatite B, qui peut elle aussi se transmettre par piqûre accidentelle.
Si le risque est suffisamment élevé, on vous proposera un TPE : des médicaments contre le VIH pris chaque jour pendant 28 jours. Le TPE doit commencer dans les 72 heures qui suivent la blessure, et le plus tôt est le mieux. Commencé dans les 24 heures, il réduit le risque d’environ 90 %, selon l’estimation du calculateur. Après 72 heures, le TPE n’est plus recommandé. Si vous prenez un TPE, les tests VIH de suivi ont généralement lieu 4 à 6 semaines et 12 semaines après la blessure.
Au travail
Signalez toute blessure à votre responsable, même minime, pour que votre situation soit évaluée rapidement et que la blessure soit enregistrée. Le protocole de votre lieu de travail en cas d’exposition doit vous indiquer où aller, de jour comme de nuit. Demandez une copie de ce qui a été consigné.
Que faire maintenant
- Moins de 72 heures : lavez la plaie, signalez l’incident et faites évaluer dès aujourd’hui le besoin d’un TPE.
- Plus de 72 heures : le TPE n’est plus recommandé, mais un dépistage reste utile. Un test antigène/anticorps en laboratoire (prise de sang) est définitif à partir de 45 jours après la blessure. La page la fiabilité des tests VIH semaine par semaine indique à partir de quand chaque test est fiable.
- Cela vous inquiète ? C’est normal. Pour la plupart des piqûres accidentelles, le risque est faible, et un test fait après la fenêtre sérologique vous donne une réponse sûre.